J-10 : Des petits problèmes qui transpirent…
D’un côté il y a cette Equipe de France avec ces joueurs et son staff qui s’obstinent à être positif, et de l’autre le peuple dont même les plus fidèles ont dû finir par se ronger les ongles dimanche lors du match face à la Tunisie. A trois jours du dernier test-match contre le Chine, mais surtout à dix jours du début de la Coupe du Monde, tour d’horizon des coulisses des Bleus en analysant divers sujets -notamment le nouveau système zone par zone.
Les entames de matches : Commençons par le commencement. Difficile en effet de ne pas noter que sur les quatre derniers matches l’Equipe de France a encaissé le premier but, et qui plus est fort rapidement ! En témoignera le dernier en lice contre la Tunisie après seulement cinq petites minutes de jeu. Forcément par la suite le match n’a pas la même allure, et même si on peut se réjouir d’avoir vu deux fois les Tricolores revenir au score, cette habitude est à vite jeter aux oubliettes.
Les gardiens de buts : Pas grand-chose à dire sur le trio Lloris-Mandanda-Carasso, si ce n’est que Raymond Domenech a confirmé son ordre avec le Lyonnais titulaire, le Marseillais en doublure, et le Bordelais en dernier secours. Si Mandanda pouvait être remis en cause sur le but Costaricain, Lloris a assuré malgré des abandons de sa défense, confirmant la hiérarchie.
La charnière centrale I : Lâchement, sans réflexion, on aurait pu balancer comme point faible la défense. Cependant, à bien y regarder, le problème se décompose en plusieurs partie, notamment la grande question de l’axe du quatuor d’arrière. Le patron Gallas, bien qu’il est fait bonne figure contre le Costa-Rica et marqué le but égalisateur en Tunisie, est la première source d’inquiétude. Car derrière quelques approximations, payées chères ou au moins de grosses frayeurs, son véritable état physique pose toujours question. L’ancien Caennais n’a ainsi pas participé à l’entraînement de ce lundi, la faute à son mollet redevenu douloureux ; sans inquiétude paraît-il…
La charnière centrale II : Mais outre Gallas, comment ne pas parler d’Abidal, l’autre maillon (faible ?) de l’axe défensif ? S’il n’a pas commis de boulettes monumentales, c’est justement un excès de timidité occasionnel qui provoque notamment des mauvais placements du Blaugrana, qui font qu’il peut être remis en cause lui-aussi. Et que dire de Planus, dont les grands débuts internationaux ont été, il faut le dire, catastrophique. Bien qu’il n’y ai eu aucune fatalité, l’invité surprise des 23 a été principalement violent et maladroit, recevant un carton jaune sur son deuxième duel perdu face à Jemaa. Quant à Squillaçi, ses deux entrées ont été intéressantes, mais criantes de l’absence d’automatisme avec ses partenaires.
Des latéraux timides : Pas grand-chose à dire sur les arrières latéraux, si ce n’est qu’ils ne sont pas déchargé de toutes remarques quant à la fébrilité défensive. Cependant Sagna et Evra paraissent bien présents dans les duels –quant à Clichy, il a fait une belle entrée dimanche- mais manquent peut-être d’un peu d’assurance pour également apporter le talent de débordement offensif qu’on leur connaît. A noter qu’en dehors du jeu, Evra s’est lui forgé un vrai rôle de patron sur le terrain en tant que capitaine.
Toulalan, la vie en solo : Traditionnellement placé comme sentinelle devant la défense en duo avec Lassana Diarra, mais également évoqué comme repositionné défenseur central, le Lyonnais doit finalement s’habituer à un positionnement seul en récupérateur. S’il fait partit de ceux qui (r)assurent, il semble tout de même en retard au pressing sur le but tunisien.
Ribery, who else ? A part « Francky » qui a beaucoup percuté lors des deux matches, personne ne semble se distinguer dans le trio d’attaque. Après une belle saison à Chelsea, Malouda est à la peine en Bleu, tandis qu’Anelka est carrément fantomatique, et que Cissé n’a pas encore eu sa chance. Pour sa part Govou tente, mais reste trop brouillon. Sortant eux d’une saison (très) compliquée, bien qu’il n’aient pas la même popularité internationale, Gignac et Henry ont réalisé des entrées fort encourageantes. De là à finalement les titulariser ?
La vraie valeur de ce 4-3-3 : Le quatuor défensif trop friable, Toulalan un peu perdu, un trio d’attaque trop partielle… On peut se demander si le nouveau système de Domenech est vraiment mieux que l’ancien en 4-2-3-1 ? Il est vrai qu’il y a le pour et le contre, et qu’à la longue ça peut fonctionner à merveille. Cependant la Coupe du Monde ne débute pas dans deux-trois mois, mais dans dix jours ! Gourcuff et Malouda en rôle d’électron libre reliant la défense à l’attaque peuvent être les clefs de la réussite. A condition qu’ils trouvent le verrou, ce qui n’a pas été continuel jusqu’à présent pour ces deux joueurs dont les automatismes et l’aisance sont en cours d’adaptation.
Un groupe vraiment soudé ? Dernière interrogation un brin polémique puisque c’est celle qui va fouiller au plus profond des Bleus, là où on veut absolument paraître impeccable : la solidarité du groupe. Vanté par Domenech, confirmé par de nombreux joueurs (Evra, Clichy, Henry, Valbuena, Planus…), elle mérite cependant un léger coup de projecteur. Si les « Caliméro » type Nasri et Benzema ne sont pas du voyage, d’autre caractère bien typé pourrait se trouver dans le groupe France et ne pas se montrer autant rattacher à la vie du groupe. On pense en premier lieu bien sur à Yoann Gourcuff.
Quelques cas à part : Lors d’une enquête avant le Costa-Rica, nous nous étions interrogé sur le vrai statut international de Gourcuff sur et en dehors du terrain. Le soi-disant « Nouveau Zidane » paraît très réservé et n’est finalement probablement pas aussi compagnon des meneurs offensifs, comme Ribery et Henry, que l’on voudrait le faire croire. Le Bordelais serait en effet plus proche de Diaby, le seul célibataire qui était donc un peu isolé en Tunisie du fait que lors de cette semaine les femmes des joueurs étaient invitées… Autre cas spécial : Réveillère qui n’a pas encore joué, et apparaît finalement comme celui qui avait la peau du « 24eme » au moment où Lassana Diarra était encore là.
Mais désormais le Madrilène a quitté le groupe des 23 qui sera celui de la Coupe du Monde. C’est dans ce groupe riche en talent que Domenech devra trouver les ingrédients nécessaires pour composer la recette victorieuse. Celle qui masquera vraiment les petits pépins tricolores qui n’ont peut-être rien de néfastes sur la qualité de jeu ; mais la qualité du jeu laisse ressentir que finalement tout ne va pas aussi bien que l’on nous le fait croire…
Pourtant en tant que vrai et bon supporter de l’Equipe de France, il faut se forcer à s’aligner sur les paroles des joueurs et du staff dans leur politique d’optimisme imperturbable… jusqu’au début de la compétition !
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